3 questions à Jean-Paul Delevoye

Ne pas fuir le présent mais donner au futur une forme de gourmandise

#FuturDeLaSociété #BienVivreEnsemble #Entreprendre #Education

Ancien ministre et ancien médiateur de la République, ex-président du Conseil économique, social et environnemental, Jean-Paul Delevoye est aujourd'hui chargé des investitures aux élections législatives du mouvement En marche d'Emmanuel Macron. Pour lui, nous avons besoin de penser le futur de manière apaisée… Eclairage.

Quelle analyse faites-vous de notre société ?

Nous sommes passés d'une société rurale puis industrielle à une société de l'intelligence. Autrefois, nous exploitions les sols et les sous-sols pour satisfaire nos besoins et nos envies. Nous avions des croyances et des idéologies qui convergeaient autour d’une espérance positive. Dans notre société de l'intelligence, où les valeurs immatérielles sont toutes puissantes, la disparition des croyances et des idéologies est telle que nous surinvestissons le présent et les pulsions émotionelles. Le chacun pour soi peut l’emporter sur le chacun pour tous, ce qui présuppose de terribles conflits. Il est de ce fait de plus en plus difficile d'être visionnaire.

Quels sont nos défis ?

Nous avons besoin de penser le futur de manière apaisée. Les transformations et les ruptures en cours sont si importantes que la promesse d’un futur doit être plus forte que la perte du présent. Pourquoi vouloir changer sinon ? Nous sommes face à des choix de société. Quelle économie allons nous développer ? Comment allons-nous vivre à l'heure ou la finitude et la rareté ont remplacé l'abondance ? Quel niveau de dépendance peut accepter un humain face à l'intelligence robotique ? Quelle place pour la créativité et la singularité de chacun ?

Quelles solutions ?

Notre objectif n’est pas de fuir le présent mais de donner au futur une forme de gourmandise.Nous avons tous besoin d'une vision sur le moyen terme. Sans vision, il n’y a pas de projet et sans projet, il n’y a pas de mobilisation. Je pense que l'avenir appartient à ceux qui sauront s'adapter. La réponse vient aussi de ces communautés de destins qui se mobilisent. Et à la façon dont les politiques vont co-construire avec les citoyens. C’est la raison pour laquelle il faut agir sur le système éducatif, revaloriser le sens du débat dès l’école, redonner aux enfants le goût d’entreprendre pour ensuite s'appuyer sur la volonté des citoyens.

Retrouvez Jean-Paul Delevoye lors de son atelier “L’homme libre ou esclave du Futur ? La bataille du temps et de l’esprit”.

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